Contemple

Le Manuel d’Epictète – Leçon 34

Lorsque tu as tout à coup envie de te faire plaisir, fais comme pour tout le reste, prends garde de ne pas te laisser emporter. Laisse reposer l’idée et donne-toi un peu de temps. Imagine ces deux moments: celui où tu profiteras de ce plaisir et celui où, après en avoir profité, tu le regretteras et tu te couvriras de reproches. Compare cela au plaisir que tu éprouveras à t’abstenir et aux félicitations que tu t’adresseras. Si après cela, tu penses encore qu’il est convenable de passer à l’acte, fais attention de ne pas succomber aux apparences confortables, attrayantes et agréables de la chose. Mets dans la balance combien il te sera précieux d’avoir remporté cette victoire.

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Le Manuel d’Epictète – Leçon 33 – 2ème partie

Si l’on te rapporte que quelqu’un dit du mal de toi, ne cherche pas à te défendre sur ce qui t’est reproché ; réponds seulement : « Tiens, voilà une personne qui ne connaît pas tous mes défauts, sinon elle ne se serait pas arrêtée là! »

Il n’est pas nécessaire d’aller souvent voir des spectacles. Si cela arrive, ne t’intéresse sérieusement qu’à toi-même, c’est-à-dire, désire simplement que les choses, dans l’histoire, arrivent comme elles arrivent, peu importe qui gagne; ainsi tu ne seras pas contrarié.e. Retiens-toi complètement de crier, de te moquer des acteurs, ou d’être démesurément passionné. Une fois le spectacle terminé, ne parle pas trop de ce qui s’est passé, sauf à propos de ce qui peut contribuer à te rendre meilleur ; sinon il serait clair que tu t’es laissé emporté par le spectacle plus que tu ne l’aurais dû.

Ne te décide pas à la légère quand il s’agit d’assister à des conférences. Quand tu y vas, garde une attitude digne et calme et qui ne soit pas sombre ou désagréable.

Quand tu as rendez-vous, surtout avec quelqu’un d’influent, garde à l’esprit ce que Socrate aurait fait dans une telle situation, et tu sauras comment te comporter convenablement en toute circonstance.

Quand tu as rendez-vous avec une personne influente, prépare-toi à ce qu’elle ne soit pas là, à ce qu’on ne te laisse pas entrer ou à ce qu’on t’ignore complètement. Si c’est malgré tout ton rôle d’y aller, vas-y et supporte ce qui t’arrive, sans jamais te dire : « Cela n’en valait pas la peine. » C’est une réflexion qui n’est pas digne de toi, celle d’un esprit soumis aux choses extérieures.

Lorsque tu parles, abstiens-toi de mentionner sans cesse ou de manière excessive tes réussites ou les risques que tu as pu prendre; car, si tu as plaisir à les raconter, les autres n’en ont pas à les écouter. Evite également de vouloir faire rire à tout prix. Non seulement tu risques de tomber dans la vulgarité, mais en plus, tu  pourrais perdre l’estime de celles et ceux qui à qui tu parles. 

Une autre habitude nocive est de tolérer les propos obscènes. Lorsque cela arrive, si la situation le permet, n’hésite pas à en faire la remarque à la personne concernée ; sinon, montre au moins par ton silence, ton embarras visible,  ton visage fermé, que cette conversation te déplaît.

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Le Manuel d’Epictète – Leçon 33 – 1ère partie

Les leçons 31 et 32 du Manuel font référence respectivement à la relation aux dieux et à la nécessité d’utiliser la divination avec modération. Comme notre relation aux pratiques religieuses est aujourd’hui très différente par rapport au temps d’Epictète, nous passons directement à la leçon 33. Si vous êtes intéressé.e.s par le contenu de ces deux sections, vous pouvez consulter cependant une des nombreuses versions gratuites du Manuel disponible en ligne.

Dès maintenant, décide d’un état d’esprit et d’un mode de vie que tu suivras aussi bien quand tu seras seul, qu’en compagnie des autres. 

La plupart du temps, garde le silence, ou dis ce qui est nécessaire, mais en peu de mots. En de rares occasions, les circonstances demanderont que tu parles ; alors parle, mais ne dis rien de superficiel: ne parle pas de sport et d’athlètes, de boire et de manger, ou d’autres sujets sans substance; surtout ne parle pas des personnes, que ce soit pour les blâmer, pour les louer, ou pour faire des comparaisons.

Si possible, utilise ta parole pour amener la discussion de tes proches sur des sujets convenables. Si tu te trouves seul au milieu de personnes que tu ne connais pas, garde le silence.

Ne ris pas trop souvent, ni de trop de choses ou sans retenue.

Refuse systématiquement de faire des promesses, ou si cela n’est pas possible, refuse autant que tu en es capable.

Evite les repas en compagnie d’inconnus ou de personnes vulgaires . Et, si un jour les circonstances le demandent, fais bien attention à ne pas glisser graduellement vers la vulgarité. Car rappelle-toi que si tes camarades sont sales, tu ne peux pas te frotter à eux sans te salir, même si tu étais toi-même propre.

Pour les besoins du corps, concentre-toi sur que ce qui est strictement nécessaire en terme de nourriture, de boisson, de vêtement, de logement, ou de services extérieurs. Supprime tout ce qui est du luxe ou qui ne sert qu’aux apparences.

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Le Manuel d’Epictète – Leçon 30

Nos devoirs sont les fruits de nos relations. Prends tes parents: tu dois prendre soin d’eux, les accepter comme ils sont, en supportant leur réprimandes et leurs brimades. “Mais ce sont de mauvais parents!” Est-ce que l’ordre naturel exige d’avoir de bons parents? Non, seulement d’avoir des parents. “Mon frère m’a fait du tort”. Eh bien reste son frère, et ne regarde pas ce qu’il a fait mais ce que toi tu peux faire pour vivre à la hauteur de tes facultés. Personne ne peut te nuire, si tu ne le veux pas, tu ne seras lésé que si tu crois l’être. De même, examine tes rapports avec tes voisins, tes compatriotes, les autorités et tu découvriras quels sont tes devoirs à leur égard.

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Le Manuel d’Epictète – Leçon 29

Examine d’abord les causes et les conséquences de ce que tu veux entreprendre avant de passer à l’action.. Sinon, tu commenceras avec ardeur, sans penser à ce qui pourrait survenir, puis à la moindre difficulté, tu abandonneras honteusement. 

Ah tu veux gagner aux jeux olympiques? Mais moi aussi, ça doit être agréable! Garde en tête cependant la préparation nécessaire et les conséquences avant de te lancer. Il faut avoir une discipline stricte, suivre un régime spécial, s’abstenir de friandises, faire des exercices difficiles à des moments que tu ne choisis pas, dans la la canicule ou le grand froid, ne pas toucher certains rafraîchissements, et pas d’alcool, t’en remettre entièrement à la personne qui t’entraîne, comme tu t’en remets à ton médecin. Puis, dans l’arène, il faut accepter de te rouler dans le sable, de te démettre la main, de te faire une entorse, de mordre la poussière et de perdre. 

Quand tu auras bien pris en compte tout cela, si tu persistes, alors poursuis ta carrière d’athlète. Sinon, tu seras comme ces enfants qui jouent un moment à se battre puis à être des gladiateurs, qui continuent ensuite avec de la trompette, puis des pièces de théâtres; de même, tu seras un moment athlète, puis conférencier ou conférencière, ensuite philosophe, mais tu ne seras jamais rien de tout ton être ; tu imiteras  mécaniquement ce que tu observeras, et l’une après l’autre, chaque chose qui te plaira. Tout ça parce qu’avant de commencer tu n’as pas bien réfléchi, pas bien considéré la chose sous toutes ses facettes; mais tu vis au hasard, poussé.e par des envies éphémères.

C’est ainsi que, en voyant un ou une philosophe, en l’entendant parler comme Euphrates (et pourtant qui pourrait parler comme lui ?), certaines personnes veulent soudainement se lancer dans la philosophie.

Mais mon ami.e, réfléchis d’abord à ce que c’est d’être philosophe, et examine ensuite tes propres facultés, pour voir si tu peux le supporter. Tu veux te mettre à l’athlétisme ou à la lutte? Regarde tes bras, tes cuisses, ton dos. Nous ne sommes pas tous doué.e.s pour les mêmes choses.

Crois-tu qu’en devenant philosophe tu peux continuer à manger et boire de la même manière, avoir les mêmes désirs, les mêmes aversions ? Il te faudra observer, travailler intensément, quitter tes proches, endurer le mépris de tes subordonnés, être tourné en dérision par des inconnus et, toujours, te faire passer devant, qu’il s’agisse de récompenses, de pouvoir, de procès, ou de toute autre affaire.

Considère tout cela, et décide si tu veux, en échange, acquérir l’impassibilité, la liberté, la sérénité. Si ce n’est pas le cas, arrête-toi là.  Ne sois pas comme les enfants, philosophe un jour, comptable le lendemain, artiste ensuite, et enfin fonctionnaire. Tout cela ne va pas ensemble.  Il faut que tu sois une seule et même personne, bonne ou mauvaise ; il faut cultiver ton âme ou les biens matériels, te concentrer sur les choses intérieures ou extérieures, c’est-à-dire vivre en philosophe ou en non-philosophe.

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Le Manuel d’Epictète – Leçon 28

Si on voulait donner ton corps au premier venu, tu serais outré.e; pourtant, tu confies ton esprit au premier venu et, lorsqu’on t’insulte, tu laisses tes pensées devenir confuses et bouleversées. N’en as-tu pas honte?

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